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dimanche 19 mai 2013

Festival de twittérature


http://www.twittexte.com/ScriptorAdmin/scripto.asp?resultat=305173


Actualités de l'ITC



Deuxième Festival international de twittérature à Bordeaux
2013-03-11
En collaboration avec l’Institut de twittérature comparée Bordeaux‐Québec (ITC), la Ville de Bordeaux organise le deuxième Festival international de twittérature, dans le cadre de la Semaine digitale. Il se déroulera à Bordeaux, le samedi 30 mars 2013. Le premier festival avait eu lieu à Québec, en octobre 2012.

L’ITC de Bordeaux poursuit son travail de collaboration avec l’ITC de Québec et veut prolonger les travaux de réflexion autour du tweet littéraire. Le deuxième festival #FITBX veut rassembler les passionnés de la twittérature, cette exploitation littéraire du gazouillis sur Twitter. Événement modeste (un seul jour), mais dense (plusieurs volets : savant, pédagogique, littéraire, formatif, participatif et festif), #FITBX constitue le premier jalon de réflexion d’une tendance qui gagne de plus en plus d’adeptes. Un concours de twittérature est également lancé auprès des écoles de la francophonie. Un autre concours de twittérature sera ouvert au grand public sur Twitter le 20 mars 2013, journée internationale de la Francophonie, entre 0 heure et minuit (heure française).

La twittérature ne se pratique pas seulement sur le Web : on l’enseigne, on la publie, on y greffe des logiciels spécialisés, on la lit en temps réel. #FITBX propose une réflexion, du perfectionnement et une célébration de cette nouvelle tendance littéraire. #FITBX veut en témoigner en affirmant que la twittérature est utile et bien vivante.

Présence québécoise à Bordeaux

Pour l’occasion, Annie Côté (@annirikiki) et Jean-Yves Fréchette (@pierrepaulpleau), tous deux de l’ITC de Québec ont été invités à se joindre au festival de Bordeaux pour animer des tables rondes et diriger des classes de maîtres. Claude Malaison (@emergent007) présidera les travaux d’un groupe abordant la fonction du tweet en entreprise.

En fin d’après‐midi, au cours de la clôture du festival, seront proclamés les résultats des deux concours organisés à l’occasion de cet événement. La programmation complète est disponible sur le site de la Semaine digitale : www.semainedigitale.bordeaux.fr et sur le blog de l’Institut de twittérature comparée Bordeaux‐Québec : http://twitter.blogs.sudouest.fr ainsi que sur le compte Twitter @FITBX.
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Les lauréats du concours de twittérature 2012
2012-11-15
Au terme du premier concours de twittérature ouvert aux écoles de la francophonie lors du premier Festival international de twittérature 140MAX, l'Institut de twittérature comparée est heureux de publier le résultat des gagnants. La remise des prix s'effectue par des représentants de l'ITC dans les classes des lauréats lorsque possible. Voici le palmarès des lauréats pour les tweets d'or, d'argent et de bronze ainsi que pour les tweets coups de coeur. Au total, plus de 1 300 inscriptions ont été enregistrées provenant des écoles de cinq pays : France, Royaume-Uni, Maroc, Belgique et Canada (Québec et Nouveau-Brunswick). Les prix ont été attribués dans quatre catégories : a) #TwtFestG (primaire : 4-7 ans), b) #TwtFestP (primaire 8-12 ans), c) #TwtFestS (catégorie fusionnant le secondaire 13-17 ans et le collégial 18 ans et plus).


Tweet d’or

Catégorie #TwtFestG
Pour les élèves de la classe de Brigitte Léonard, École Fleur-Soleil, Mont-Tremblant, Québec, Canada.

Le futur, c'est comme un beau cadeau sous le sapin de Noël. C'est un peu comme une surprise car on ne sait pas ce qui va arriver.Prix : tablette Samsung Galaxy 7­­­".

Tweet d’or

Catégorie #TwtFestP
Élias, un élève de la classe de CM2A de M. Alexandre Acou de l'école élémentaire 47 Ivry B, dans le 13e arrondissement à Paris, France.

Demain, la Terre deviendra carrée et si quelqu'un s'aventure sur les angles droits, il deviendra lui aussi un cube.Prix : tablette Samsung Galaxy 7­­­".

Tweet d’or

Catégorie #TwtFestS
Charles de la classe de Richard Cliche à l'École secondaire A.N. Morin, à Ste-Adèle, dans les Laurentides

L'ordinateur, la tablette, le téléphone mobile, le MP3, les réseaux sociaux. Le futur, c'est une série de mises à jour en continu.Prix : tablette Samsung Galaxy 7­­­".

Tweet d’argent

Catégorie #TwtFestG
Nathanaël, un élève de la classe de Corinne Vanstraceele, Dunkerque de l’École La Providence.

Plus tard, on pourra se transformer en grand.Prix : iPod Touch 4. 

Tweet d’argent

Catégorie #TwtFestP
Tom de la classe d’Amandine Terrier de l’École de Crotenay, Crotenay, France.

Mon faisan fou fait des failles dans le futur qui faiblit et c'en est fini de ce futur fanfaron.Prix : iPod Touch 4.   

Tweet d’argent

Catégorie #TwtFestS
Claire Angela de la classe de Sylvain Bérubé, de l’École secondaire de Rochebelle à Québec.

Futur est futé tel le renard chassant sa proie. Quand tu y penseras, il sera passé et quand tu penseras au passé il t'aura attrapé.Prix : iPod Touch 4.

Tweet de bronze

Catégorie #TwtFestG
Béatrice de la classe de Catherine Lapointe de l’École Coeur-Vaillant-Campanile, Québec.

Dans plusieurs années, il y aura de nouvelles plantes et de nouvelles lettres de l'alphabet!Prix : liseuse sony PRST-2. 

Tweet de bronze

Catégorie #TwtFestP
Isabelle de la classe d’Alexandre Acou de l’École élémentaire 47 Ivry B, France.

Demain je me réveillerai et j'irai cueillir une fleur.Prix : liseuse Kindle Touch.

Tweet de bronze

Catégorie #TwtFestS
Béatrice de la classe d’Annie Côté de l’École secondaire Les Sentiers, Québec.

Je réfléchirai au passé face au présent, mais seul le futur me suffira. Il fera ma flamme, mon fiancé, ma famille et mes enfants.Prix : casque Solo HD Beats de Dr. Dre.

Tweets Coup de coeur 

Catégorie #TwtFestG
Classe de Nathalie Laroche, de l’École du Ruisseau à Gatineau, Québec.

Dans le futur, la classe des Grenouilles saura lire et écrire en lettres attachées. Nous écrirons à l'ordi sur Twitter nous-mêmes.Prix : un lot de livres.

Louis de la classe d’Antoine Michel de l’école de Remollon, Hautes-Alpes, France.

Dans le futur, je voudrais faire le tour de la planète en vélo.Prix : un lot de livres.

Angèle de la classe de Jean-Roch Masson de l’École La Providence, Dunkerque, France.

Dans le futur, il y aura une route vers les étoiles.Prix : un lot de livres.

Alice de la classe de Catherine Lapointe de l’École Coeur-Vaillant, à Québec.

Je vois une invention qui nous permettra d'aller plus loin que la galaxie.Prix : une paire de billets du théâtre des Gros becs, plus un livre.

Véronique de la classe de Manon Richardson de l’École Camille Vautour, Saint-Antoine, Nouveau Brunswick.

Dans le futur, j'inventerais un nouveau mois de l'année. Il s'appellerait arcanciel.Prix : un lot de livres.

Tweets Coup de coeur

Catégorie #TwtFestP
Irénée de la classe de François Jourdain de l’École Petit Saint Grégoire à Tours, France.

L'école du futur aura des tables- bonbons, des murs-poussières et des cartables à moteur.Prix : un lot de livres.


Hugo de la classe de François Jourdain de l’École Petit Saint Grégoire à Tours, France.

Les trois petits cochons construisent leur maison. Le premier en verre, le deuxième en fibre de carbone et le troisième en fer.Prix : un lot de livres.


Raphaël de la classe de Marie-Odile Lessard de Saint-Vincent School, Québec, Canada.

Je crois que, dans le futur, les professeurs seront des hologrammes et qu'ils pourront se multiplier pour répondre aux éléves.Prix : une paire de billets du théâtre des Gros becs, plus un livre.

Jeremy de la classe de Marie-Odile Lessard de Saint-Vincent School, Québec, Canada.

Dans le futur, je pense que tous les élèves vont avoir des puces qui vont leur enseigner ce qu’il faut apprendre durant l’année.Prix : une paire de billets du théâtre des Gros becs, plus un livre.

Tommy de la classe de Johanne Morin de l’École L’étincelle, Ste-Marguerite de Beauce, Québec.

Le futur, c'est un bien grand mot mais le plus grand mot que je connaisse est le mot élastiques. Rions vers le futur!Prix : un sac à dos.


Zachary de la classe d’Annie Côté de l’École Parc-Orléans, Québec.

Dans le futur, il y aura des miroirs qui fonctionneront avec les pensées. Il y aura des villes en plastique et l'air sera en boîte.Prix : un sac à dos.

Megan de la classe d’Annie Côté de l’École École Parc-Orléans, Québec.

Dans le futur, je rirai, tu riras, il rira de la faute que je ferai alors nous recommencerons mais cette fois, pour de bon !!!Prix : un sac à dos.

Tweets Coup de coeur

Catégorie #TwtFestS/C
Ouafae de la classe de Louiz Driss, Lycée le Bastion, Kénitra, Maroc.

Demain, je courrai derrière les horizons en quête d'un espoir constellé comme un bohémien venu sur les ailes d'un oiseau vagabond.Prix : un lot de livres.

Ismaël de la classe de Sylvain Bérubé, École secondaire de Rochebelle, Québec.

Le futur sera soit beau, grandiose, parfait, merveilleux, sublime. Soit laid, pollué, dangereux, affreux. C’est à nous de décider.Prix : une paire de billet de théâtre : le Projet Laramie, théâtre du Trident.

Laurie de la classe de Sylvain Bérubé, École secondaire de Rochebelle, Québec.

Ce futur dont vous rêvez sera bientôt le passé qui vous manquera parce que vous ne reconnaissez pas la beauté du moment présent...Prix : une paire de billet de théâtre : Hamlet, théâtre de la Bordée.


Vladana de la classe d’Annie Côté, École secondaire Les Sentiers, Québec.

Tous ne pensent qu’à demain, mais personne ne connait réellement son secret. À quoi bon s’interroger? Dès l'aube tout sera révélé.Prix : une paire de billet de théâtre : Hamlet, théâtre de la Bordée.

Félix de la classe d’Annie Côté, École secondaire Les Sentiers, Québec.

Passé est parti depuis longtemps, Présent ne vit qu'un instant, Futur danse au firmament. Au temps pour moi, qui cherche du temps.Prix : une paire de billet de théâtre : le Projet Laramie, théâtre du Trident.

Marie-Pier de la classe de Guylaine Laurin, École secondaire Cardinal-Roy, Québec.

Parasites de ce paradis pittoresque, interrompons cette prévisible apocalypse, progressons et échappons à cette pénible prophétie.Prix : une paire de billet de théâtre : Angoisse comique, théâtre du Périscope.
Lucile de la classe de Guylaine Laurin, École secondaire Cardinal-Roy, Québec.

L’oisillon se laisse tomber dans le vide en ayant confiance en ses ailes. Plongeons aussi et ayons confiance en nos propres ailes.Prix : une paire de billet de théâtre : Britannicus, théâtre de la Bordée.

Élyse de la classe de Nathalie Couzon, Collège Jésus-Marie, Québec.

Le futur est comme un ciel clair, il est illimité. Des milliers de mots nous viennent à l'esprit et les possibilités à l'infini.Prix : une paire de billet de théâtre : Britannicus, théâtre de la Bordée.

Andrée-Anne de la classe de Nathalie Couzon, Collège Jésus-Marie, Québec.

Le futur? Que des rêves, des promesses, des projections... Pas facile, l'anticipation! Seulement ton imagination pour sa création.Prix : une paire de billet de théâtre : le Projet Laramie, théâtre du Trident.

Blandine de la classe de Nathalie Couzon, Collège Jésus-Marie, Québec.

Un jour, on remontera le temps. C'est aussi vraisemblable qu'un canard qui parle, n'est-ce pas? Mais je le tiens de source sûre!!!Prix : un sac à dos.


Camille de la classe de Nathalie Couzon, Collège Jésus-Marie, Québec.

Le futur, qui nous fascine fortement, nous familiarise avec la folle et farfelue fiction de demain et de ses lendemains lointains.Prix : un sac à dos.

Membres du Jury
Monique Lachance
Marie-Josée Harnois
Olivier Bruchési
Andrée Marcotte
Diane Delisle
Annie Gagnon
Marc Rochette
L'Institut de twittérature comparée remercie tous les commanditaires qui ont permis la réalisation du premier Festival international de twittérature 140MAX et qui ont subventionné l'attribution des prix aux gagnantes et gagnants du concours : Crealogik, Loran Technologies, Savoir-faire Linux, Future Shop, la Commission scolaire de la Capitale, la Commission scolaire de la Beauce-Etchemin, la Commission scolaire des Premières-Seigneuries, le théâtre de la Bordée, les Gros Becs, le théâtre Périscope, le théâtre du Trident, les Éditions CEC, L'Instant même, Auvi Graphe, Tam Tam Café, la Ville de Québec, Démocratie Ouverte, Québec en toutes lettres ainsi que Artv.
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Célébrer la twittérature
2012-11-06
À l'occasion du premier Festival international de twittérature tenu à Québec le 16 octobre dernier, Lirina Bloom a voulu témoigner de l'état des lieux. Son texte rappelle les grands moments de l'histoire récente du jeune mouvement. Il suggère des interprétations concernant les motifs et les motivations des twittérateurs en évoquant les origines du genre, mais surtout en soulignant les balises esthétiques et poiétiques du nanotexte sur Twitter, qu'il soit en 140 caractères ou non.Le texte que nous reproduisons ici avec l'aimable permission de l'auteur est d'abord paru sur son blogue Ceci n'est pas un poème.

La twittÉrature est-elle une littérature ?

Un jour, fut inventée la Twittérature. Elle fut liée à la francophonie et on chapeauta son e d’un accent aigu. On voulait ainsi se distinguer de l’anglais Twitterature sans accent bien sûr. Tout cela montrait bien que le Québec avait œuvré.

En cette invention, l'humour et le second degré étaient de règle. On se prenait fort au sérieux sans y croire un instant. On jouait comme font les enfants, c’est à dire très sérieusement.

On feignait d'encadrer l'affaire rigoureusement. On édictait des règles que les mêmes enfreignaient immédiatement.

Se bâtissait cependant, subrepticement, constamment, progressivement, obstinément, délibérément, un corpus, corps de texte, corps constitué, paquet d’écrits en Lettres de Lumière. Écrits donnés à lire à l'instant même.

Bref, se constituait une pratique d’écriture. On cherchait des formes et des formules magiques, on s'associait à des courants littéraires existants, ou préexistants, on redonnait vie à des mouvements qu'on avait cru décadents ou tout à fait mineurs. On réhabilitait le fragment et les formes brèves, on luttait contre, le fragment et le fait d’y cantonner la Twittérature, on inventait  des manières d’agencer les morceaux d’écriture (ou tweets) pour qu’œuvre se fasse.

On allait presque au hasard. Et chaque pensée émit un coup de dés.

On habita la Toile. On se fit, comme tout un chacun aujourd’hui, international, supranational, universel, mondial, global, en un mot comme en cinq, habitant de la planète Terre.

C’est alors qu’une question devint centrale et occupa les écrivains, qui se disaient - emportés par les élans de la langue - twittérateurs, (avec cet accent aigu sur le e).

On comprit qu'il s'avérait tout à coup impossible de définir une pratique littéraire en se référant à la langue utilisée par la majorité de ses écrivains. Et pour certains de plus en plus nombreux, le twittérateur, devait pouvoir écrire dans la langue qui lui chanterait.

En français, bien sûr mais aussi en allemand, en espagnol, en japonais, en anglais, en arabe, en italien, en ouolof, en bambara, en hébreu, en chinois ou en russe, en grec ancien ou moderne, en latin et même en occitan. Ou pourquoi pas en sarde ou en normand, en gallican, ou en basque...

Bref, on finit, après des débats interminables, par convenir que la langue utilisée par le twittérateur importerait peu pourvu qu'il consentit à écrire les mots Twittérature et twittérateurs  avec ce sacré fichu accent aigu sur le e, qui était la signature de ses inventeurs, qui était son logo en quelque sorte, comme la pomme croquée l’était pour Apple, ou comme le drapeau l’était pour une nation, comme le chapeau pour l'habit de gala, comme le bleu de chauffe pour l’ouvrier, comme le maillot de bain pour le nageur. Cette petite virgule en l'air, ce genre de petite apostrophe, qui modifiait le e, on avait cru (il est vrai) la voir tomber en désuétude à l’ère du numérique et des adresses mail qui supprimaient tous trémas et accents qu’ils soient circonflexes, graves ou aigus. Bref ce petit signe qui semblait vouloir se perdre, on y tenait et on allait s'en enorgueillir.

Il fallut se rendre à l’évidence : la Twittérature et les twittérateurs entraient par la grande porte dans le monde du paradoxe.

On continua cependant d'écrire, d'inventer des formes, de créer des rassemblements divers, on fit des groupes et presque aussitôt des scissions, on établit ensuite des complicités et des rivalités entre les groupuscules nouvellement constitués. La vie ordinaire en quelque sorte.

On réhabilita le fragment et les formes brèves, on lutta contre le fait d’y cantonner la Twittérature, on inventa  des manières d’agencer les morceaux d’écriture (ou tweets) pour qu’œuvre se fasse.

La nano littérature s’opposa très vite aux partisans des romans fleuve au vrai sens du terme, romans qui ne pouvaient que s’écouler sans fin en ce fil tendu sur la Toile.

On critiqua la Twittérature qui ne serait pas soucieuse de lutter contre le sexisme inhérent à la langue, on créa des groupes à volonté égalitariste. On déclara interdites des expressions humiliantes pour l’une ou l’autre des minorités opprimées, les oppresseurs se cramponnèrent à leurs certitudes comme à l’accoutumée et accusèrent les autres d’être des censeurs (les censeurs réclamèrent d’être appelées censeures lorsque c’était leur genre).

On se disputa sur les définitions de prose ou poésie ranimant les vieux débats du mitan du 19ème siècle qui avaient exploré et déjà résolu le problème. Ce qu’on avait totalement oublié. On mit Perec et l'Oulipo à toutes les sauces opposant contraintes dures et contraintes molles, les molles étant bien sûr plus molles que les dures qui seules valaient. On tenta surtout d'imposer l'universalité du comptage 140 pile poil, souhaitant exclure tout autre nombre de caractères du corpus twittéraire.

Par esprit de contradiction,  quelqu’un se mit a colliger les tweets à nombre de caractères constants entre 1 et 139 créant ainsi d'étranges et arbitraires cadavres exquis qu’il finit par organiser en poésies strictement carrées. On lutta contre la dispersion inhérente à la Twittérature, dans ce moment où elle était encore à l’état naissant - comme on dirait pour un corps chimique fait d’atomes et non encore constitué en molécules – on lutta en spécialisant un compte, en faisant correspondre absolument le compte et l'œuvre en gestation ou  en rassemblant  secondairement les écrits dans des blogues ou même en des livres de papier...

La boucle étant bouclée, on s'aperçut qu'on se compliquait la vie terriblement.

Mais, on continuait derechef.

Certains cependant  revinrent au crayon et abandonnèrent les Lettres de Lumière. Mais ils furent peu nombreux ou tout au moins, on le crut, car ils s’éclipsèrent discrètement de la Toile qui continua, de fait et d’évidence, à réunir les Twittérateurs qui, par définition, y étaient restés.

On avait oublié l’essentiel, ceux que les déserteurs amoureux du crayon-papier rappelaient aux autres cruellement : la Twittérature ne pouvait se passer de Twitter qui était son principal outil comme autrefois l'avaient été, pour les Littérateurs, la tablette d’argile et le calame, le parchemin et la plume d’oie, le Bic et le cahier, la machine à écrire et la feuille A4 et comme l’était encore aujourd’hui le clavier des ordinateurs, les fichiers et les imprimantes.

Car enfin, pouvait-on être Twittérateurs si on écrivait dans un cahier ou sur une feuille volante ou simplement mentalement, des messages de 140 signes pile poil ? Cette question taraudait.

Toujours est-il, qu’on constatait que, certains faisaient de Twitter leur brouillon ou tout au moins leur premier jet, et que d'autres tournaient sept fois leur tweet dans leur tête avant de le rédiger en Lettres de Lumière pour l'expédier par câble, wifi et serveurs sur la Toile.

Au bout du compte, on avait sérieusement compliqué l’acte d’écrire.

Il fallait bien s’avouer que, entre l’écrit et les Twittérateurs, était une machine immense et infernale qui se révélait à la fois l’outil et le support de la jeune Twittérature.

Et cet outil était Twitter.

Derrière Twitter était l’immense arrière-plan de la Toile et tous ses réseaux qui nécessitaient pour se constituer une énergie folle et couteuse, énergie dont certains dirent que nous allions bientôt manquer.

Les ennemis de la jeune Twittérature furent prompts à parler d’aliénation, de dépendance, les plus modernes ont dit « addiction », le grand mot à la mode, dont on sait qu’il a remplacé la merveilleuse « passion ».

Au milieu de cette cacophonie, une voix s’éleva, timide et résolue, qui dit : « Peut-on vraiment définir une pratique littéraire à partir de son seul support ?  »

Malgré les protestations de façade, le doute s’immisça dans les esprits que la question atteignit de plein fouet.

On étudia l’étymologie du mot Livre. Liber dont il était issu, désignait cette pellicule entre le bois et l’écorce sur laquelle il était possible d’écrire. On s'émerveilla. Il s'agissait de la partie la plus vivante de l'arbre. Mais, on admit que le mot Livre n’était assonant avec Littérature que fortuitement.

Jamais, il fallait bien en convenir, il n'avait été question de livrerature, ni même de livrérature. L’accent, sa présence ou son absence, ne faisait rien à l’affaire. L’accent était, il fallait se rendre à l’évidence, un problème mineur, annexe, accessoire, l’accent sur le e n’avait, là, aucune espèce d’importance. Et le support du Livre - avec ses feuillets, ses pages, sa reliure, ses marges, son volume, son encre même -  restait le contenant de ce contenu sacré qu’on appelle encore Littérature.

Le codex, la tablette d’argile, le papyrus, le parchemin, le rouleau, la pierre, n’avaient pas vraiment généré d’écrits nommés en référence à ces supports.

Il fallait peut-être consulter les archéologues et leur demander d’étudier à fond la question. Car, si la Twittérature avait eu de ce point de vue des précurseurs, il serait possible d’en éclairer la théorie et partant, la pratique, en se référant enfin à des ancêtres qu’on apprendrait à respecter.

Mais pour le moment, la seule vérité, c’est qu’on disait Littérature et que la racine du mot, son soubassement, sa seule fondation, était Lettre. Littéral. Littéralement Lettre. Et rien d’autre.

Lettre avec ses mystères, ses formes auxquelles on accole des sons qui se mariant entre eux forment le mot puis la phrase, puis le texte, de la Littérature justement.

Bien évidemment, tout assemblage de lettres formant un texte n’est pas Littérature, il y faut plus - plume solitaire éperdue ou aigrette de vertige - il y faut l’être de la Littérature.

Mais c’est une autre histoire, et la seule question peut-être.

La voix timide et résolue ajouta soudain : Twittérature qui se rapprocherait par le sens de livrérature, renvoie par le son à Littérature.

La Twittérature serait-elle Littérature par simple assonance avec elle ?

Chacun sait bien qu’il n’en est rien.

Et qu’il y a loin du tweet à l’œuvre.

Ainsi, la seule question que nous aurions à nous poser est la suivante : l’assonance étant identifiée comme insuffisante à faire de la Twittérature une Littérature, que faudrait-il donc pour que cet espoir, ce vœu contenu en le néologisme se réalisât ?

Car la Twittérature étant composée d’éléments (ou tweets) eux mêmes composés de Lettres ne pourra se hisser vers la Littérature que si les Twittérateurs s’y attèlent.

Qui, ici, en ce premier Festival International de Twittérature, pourrait dire le contraire ?

C’est notre travail et notre labeur, notre plaisir et notre joie, notre recherche et notre quête.

Lirina BLOOM
le 16 octobre 2012, pour le Festival International de Twittérature 140MAX.
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ARTV, diffuseur officiel du Festival de twittérature
2012-10-15
Artv devient le diffuseur officiel du premier Festival international de twittérature. À compter du mardi 16 octobre 2012, dès 8h45, suivez sur le Web la diffusion des travaux lors des tables rondes et participez en direct aux discussions. La plateforme interactive de Artv sera le relai des échanges et un lieu de dialogue « virtuellement véritable » entre les panelistes et les internautes de la twittosphère. Cliquez sur le lien suivant : Visionnez la table ronde et participez aux discussions sur Facebook.Vous pourrez ainsi contribuer aux discussions en vous joignants aux panelistes afin d'échanger sur les trois problématiques suggérées. Sur Twitter, signalez la balise #140MAX. Chacune des tables rondes sera animée par Matthieu Dugal, animateur de La Sphère à Radio-Canada.

1) 9h à 10h : « Autour de la twittérature » avec Fabien Deglise journaliste au journal Le Devoir,  Patrick Drouin, professeur et chercheur à l'Université de Montréal, Gilles Pellerin, éditeur et Marc Rochette, écrivain, professeur et twittérateur.

2) 10h à 11h : « Twittérature et pédagogie » avec Marie Champagne, enseignante au secondaire, Annie Côté, enseignante au primaire, Annie Côté, enseignante au secondaire et conceptrice du logiciel Twittexte, Nathalie Couzon, twittérateure et enseignante au secondaire.

3) 11h à 12h : « Pourquoi je tweete ? » avec les twittérateurs @multimot@machinaecrire,@simonpaquet@pierrepaulpleau@white_hector et projection d'une vidéo de @ZeoZigzags : Fi lou file où.

L'après-midi sera consacré à l'exploration pédagogique et stylistique du gazouillis. Deux activités seront offertes. L'une pour les enseignants. L'autre, une classe de maître animée par Jean-Yves Fréchette et ses complices.

Enfin, la journée se terminera par un 5@7 au Tam Tam Café par une cérémonie durant laquelle aura lieu le dévoilement les lauréats du concours de twittérature. 5 pays et plus de 1300 élèves ont participé à ce concours.
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140 MAX : programmation
2012-09-20
Le premier Festival International de twittérature de Québec, 140 MAX, veut rassembler des intervenants que passionne la twittérature, cette exploitation littéraire du gazouillis sur Twitter. Événement modeste (1 seul jour), mais dense (plusieurs volets : savant, pédagogique, littéraire, formatif et festif), 140 MAX constitue un premier jalon de réflexion sur une tendance qui gagne de plus en plus d’adeptes. La twittérature ne se pratique pas seulement sur le Web : on l’enseigne, on la publie, on y greffe des logiciels spécialisés, on la lit en temps réel. 140 MAX est une célébration, une réflexion, un perfectionnement, une consolidation des acquis et un appel de l’avenir. La littérature s’exerce désormais autrement : 140 MAX veut en témoigner en affirmant que la twittérature est utile et bien vivante. Le Festival propose 6 volets qui culmineront lors de la journée du mardi 16 octobre 2012.

Objectifs du Festival
• Rassembler la communauté des twittérateurs.
• Faire le point sur la théorie du tweet.
• Organiser un concours et des défis de twittérature pour les écoles.
• Créer un lieu de synergie pédagogique en récompensant les meilleures productions scolaires.
• Assurer le perfectionnement des maîtres en pédagogie du texte bref inspirée de Twitter.
• Diffuser les meilleurs moments en twittérature auprès du grand public lors d’un spectacle.
• Remettre des prix aux gagnants des différents concours ou défis d’écriture.

Programmation


1) Premier volet : la théorie du gazouillis

La première table ronde proposera un survol des problématiques reliées à la twittérature : esthétique, thématique, littéraire, rhétorique, historique, technique, sociale, didactique, communicationnelle, etc. Les participants feront le point et appelleront l’avenir du gazouillis à se confesser à la barre du tweet. Les intervenants posent sur la twittérature le regard du critique, du twittérateur, de l’éditeur, de l’observateur et du chercheur. Leurs réflexions seont guidées par cette question : la nanolittérature inspirée de Twitter prolonge-t-elle l’héritage des formes du bref ?

Invités
• Gilles Pellerin, éditeur de l'Instant même.
• Fabien Deglise, journaliste au journal Le Devoir et observateur de la scène 2.0.
• Marc Rochette, écrivain et twittérateur.
• Patrick Drouin, professeur et chercheur à l’Université de Montréal.
• Modérateur : Matthieu Dugal.

Le mardi 16 octobre, de 9h à 10h.
Bibliothèque Gabrielle-Roy, 2e étage, salon du Festival.

La table ronde s'adresse critiques littéraires, aux écrivains, aux twittérateurs, aux professeurs, conseillers pédagogiques et aux observateurs de la scène des médias sociaux.

2) Deuxième table ronde : la pédagogie du gazouillis

Les participants de la table ronde exposeront différentes stratégies et démarches pédagogiques utilisées par les professeurs en contexte scolaire. La pratique de la twittérature à l’école, qui suggère la méthode des petits pas en l’associant à la force des médias sociaux, est-elle une stratégie gagnante pour l’élève ? Les intervenants feront part de leur expérience personnelle en classe et poseront les jalons d’une pédagogie de l’écriture à l’ère des médias sociaux. Les termes de portabilité, de collaboration, de co-construction des connaissances, d’éthique, de responsabilité numérique et de dématérialisation des supports seront au centre des échanges.

Invités• Annie Côté, enseignante au primaire.
• Annie Côté, enseignante au secondaire, conceptrice du logiciel Twittexte.
• Nathalie Couzon, twittérateure et enseignante au secondaire.
• Marie Champagne, enseignante au secondaire, Commission scolaire de la Beauce-Etchemin.
• Modérateur : Matthieu Dugal.

Le mardi 16 octobre de 10h à 11h.
Bibliothèque Gabrielle-Roy, 2e étage, salon du Festival.

La table ronde s'adresse aux professeurs du primaire, du secondaire et du collégial, aux étudiants universitaires en formation des maîtres aux conseillers pédagogiques et OULIPIENS de tout acabit.


3) Troisième table ronde : le volet artistique et littéraire
Sur un mode parfaitement loquace, la troisième table ronde réunit uniquement des twittérateurs. Fini la limite de 140 caractères : les paroles défileront ici à tombeau ouvert débitées sur le mode de l'urgence de dire « pourquoi je tweete ». Les twittérateurs vous parleront de leur passion : ils vous déballeront les motivations secrètes de leur travail, vous donneront des clefs de lecture de leur œuvre, révéleront les prises d'un certain artisanat du style. Car, dans leur esprit, la twittérature est un art qui mérite d'être approfondi dans tous les aspects de l'entreprise esthétique : stratégies d'énonciation, enjeux, métier, visées, style, conception de la nanolittérature, enjeux sociaux, pratiques poétiques vs. pratiques discursives, poétique du mince, théâtralité du minuscule, thérapie par le dire... Des twittérateurs en chair et en os viennent exposer leur esthétique du bref.

Invités
• @multimot.
• @machinaecrire.
• @simonpaquet.
• @pierrepaulpleau.
• Modérateur : Matthieu Dugal.

Le mardi 16 octobre de 11h à 12h.
Bibliothèque Gabrielle-Roy, 2e étage, salon du Festival.

La table ronde s'adresse au grand public et aux curieux des recettes du tweet.


Pause du dîner

4) Volet formation : la classe de maître


La classe de maître doit permettre une initiation de qualité avec des spécialistes de la pédagogie du gazouillis. Les formateurs sont non seulement des habitués du fil Twitter, mais ils en connaissent également la rhétorique et sont rompus aux techniques de mise en situation en classe. La classe de maître veut permettre un transfert de connaissances par une pratique in situ du tweet. Des twittérateurs viendront partager les rudiments du gazouillis littéraire et parleront de leur métier : initiation aux trucs et processus de la twittérature, stratégies pédagogiques, exploration du logiciel Twittexte, un outil conçu par l’ITC pour des besoins pédagogiques spécifiques.

140 MAX est un moment privilégié pour les discussions enflammées autour d’un projet pédagogique qui a du ressort et de l’envol qui sera coiffé par la publication numérique d’un ouvrage collectif. Cette publication rassemblera les tweets les plus signifiants du concours ou ceux produits lors de la classe de maître.

Formateurs
• Annie Côté, Polyvalente les Sentiers.
• Nathalie Couzon, École Jésus-Marie.
• Jean-Yves Fréchette, Institut de twittérature comparée.
• Également : présence de twittérateurs.

Le mardi 16 octobre de 14h à 16h.
Bibliothèque Gabrielle-Roy : salle Gérard-Martin

La classe de maître est ouverte à tous ceux et celles qui désirent parfaire leur technique du gazouillis littérer en tâtant du tweet avec des experts.


5) Volet jeunesse : participation des élèves

Le volet jeunesse vise à stimuler la pratique de la twittérature dans les écoles. Qu’ils soient des élèves ou des professeurs, tous les intervenants scolaires y trouveront leur compte. Ce volet comprendra :

• des défis de twittérature,
• des combats de tweets pendant le 5 à 7,
• une table ronde et un panel et discussion pour les enseignants en matinée,
• des ateliers d’initiation et/ou de perfectionnement en après-midi.

Les élèves inscrits au concours de twittérature travailleront sous la supervision de leur professeur en respectant les consignes et les règles du jeu disponibles à partir du site de l’Institut.

https://docs.google.com/spreadsheet/viewform?fromEmail=true&formkey=dDdFOEx1amxqWWs5WnpoMUEtcEs0aHc6MQ

Les professeurs inscrivent leurs classes. Les tweets sont publiés sur Twitter avec le mot-clic pertinent (le #) entre le 1er et le 10 octobre. Les professeurs sont responsables de l’identification des gazouillis de leurs élèves. Les résultats des gagnants sont dévoilés le 16 octobre, lors du 5 à 7.
Pendant le 5 à 7, une projection en continu des tweets des intervenants de chacun des événements donnera une idée de l’évolution du fil Twitter durant la journée.

Membres du jury
• Nathalie Couzon, école Jésus-Marie.
• Sylvain Bérubé, école secondaire De Rochebelle, commission scolaire des Découvreurs.
• Marc Rochette, cégep François-Xavier-Garneau.

6) Volet festif
Le volet festif comprend deux activités : le spectacle de « spoken tweet » au cours duquel on pourra assister à une performance et le concours « live tweet ». Ce moment sera suivi de la remise des prix du concours de twittérature.

Ces deux événements peuvent se côtoyer : un physique (les participants sont dans la même salle et tweetent) et l’autre virtuel (les participants agissent à distance et les tweets sont affichés sur grand écran).

• Ambiance sonore pour accompagner les lecteurs
• Lecteurs de tweets.
• Combat de tweets en direct sur le fil.

Invités virtuels pressentis

Du Québec
• @pierrepaulpleau• @machinaecrire
• @multimot
• @zeozigzags• @simonpaquet
• @SasquatchMR
• etc.

De la France
• @centquarante
• @chlorophylienne
• @fanfiole
• @szabadnap
• @lirinabloom
• etc.

Le 16 octobre 2012, de 17h à 19h.
Salle de spectacle : Tam Tam Café, 421 Langelier, Québec

Cette activité est ouverte au grand public auquel se joindront des participants de la twittosphère.
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140 MAX : premier Festival international de twittérature
2012-08-23
En collaboration avec le Festival Québec en toutes lettres, l'Institut de twittérature comparée de Québec organise le premier Festival international de twittérature le 16 octobre prochain à la Bibliothèque Gabrielle-Roy de Québec.
D'ici et d'ailleurs, de partout en fait, la twittérature inopinément circule quotidiennement sur le fil de Twitter. Distribuée parcimonieusement au gré des inspirations instantanées, elle se diffuse leste et gracile parmi les objets plus ou moins lourds du quotidien de Twitter. La twittérature ponctue l'imaginaire par sa réflexion et sa pratique formelle. On dirait presqu'elle se paye le luxe de frapper sans prévenir presqu'aléatoirement  dans un univers libre où le sens s'affranchit.

140 MAX
, le premier Festival international de twittérature de Québec, ne pouvait pas être autrement qu'à l'image même de Twitter : petit, mais dense. Une journée donc (le 16 octobre 2012) toute entière consacrée à la pratique littéraire et pédagogique de la twittérature.

En matinée : des tables rondes. En après-midi : des ateliers de perfectionnement, des workshops pour les professeurs ainsi que pour le grand public et, en fin de journée, un volet ludique : spoken tweet, lectures, échanges virtuels, remise de prix, tweevage et twittage, exultation des #, des RT et des mots-clics, libations et tweeti quanti...

Les spectateurs et les participants du Festival de twittérature seront en bonne compagnie avec des twittérateurs qui viennent de tous les horizons de la francophonie. Bien sûr, il se peut que, pour certains d'entre eux, leur présence ne soit que virtuelle, mais ils seront là, prêts à relever le défi du commentaire tweeté ou de la métaphore vive en temps réel sur Twitter car l'ubiquité du micro blogue garantit une participation ouverte, délocalisée, les collaborateurs et les collaboratrices pouvant s'y manifester à tout moment et de tous lieux, en temps réel.

Appel à participation : trois volets

Trois volets seront offerts au public lors de la journée du 16 octobre prochain : a) un volet de réflexion et d'échange autour de tables rondes en matinée, b) un volet atelier de travail (workshop) et perfectionnement des techniques de production et d'enseignement en après-midi et c) un volet ludique lors d'un 5 à 7 qui permettra d'entendre la parole tweetée, de se colletailler en temps réel dans des « combats de tweets » et de connaître les gagnants du concours de twittérature des écoles. Surveillez notre site, les modalités de participation vous y seront communiquées bientôt.

Twittérature, un nouveau genre, vraiment ?

Quel est le statut de la twittérature ? Quelles sont ses conditions d'existence formelle ? La twittérature commande-t-elle une nouvelle rhétorique ? Redéfinit-elle un espace de combat linguistique au cœur de la dynamique des échanges du mini blogue ? Et d'autres questions encore : stylistiques, rhétoriques, certes, mais également pragmatiques relevant tout aussi bien de la théorie de la communication que l'espace signifiant des communautés virtuelles. Boudée ou décriée par les uns. Vénérée par les autres, la twittérature existe bel et bien puisqu'elle apparaît déjà comme le prolongement oulipien de la maxime, du proverbe, de l'aphorisme, de l'apophtegme ou du haïku et elle appartient sans conteste à la nanolittérature. Et néanmoins elle intrigue. Elle surprend, elle qui a déjà ses détracteurs et ses partisans farouches. Alors frottez-vous à son esthétique du bref en poussant votre appétit d'expression au-delà des mots croisés et des mots mystères (ces formes populaires empruntées par le jeu des mots) : le tweet littéraire est à lui seul un espace de défi et de combat. Des critiques et des commentateurs littéraires font le point et lancent toutes les discussions de la première table ronde.

Twittérature et pédagogie
La pratique des médias sociaux a introduit un questionnement dans toutes les sphères de la pédagogie où l'écriture et la lecture sont des enjeux de fond. Les connaissances, collectivement construites et gérées par des communautés de contributeurs liés à tous les champs de spécialité du savoir rassemblent, ordonnent et présentent le « su » et le « connu » dans des structures informatiques libres, ouvertes, participatives. Wikipédia est le modèle le plus connu de ce paradigme. Mais la pédagogie mise également sur un des aspects important de toute littératie : l'écriture. La question qui se pose ici est la suivante : le modèle participatif qui convient si bien à la construction des savoirs pourrait-il également convenir à la production de contenus plus ouverts encore : le désir, le souvenir, l'imaginaire, l'utopie, l'espoir... Bref, toutes ces zones liées à l'apprentissage de l'écriture par des champs de compétences intiment liés à la mission même de la littérature peuvent-elle servir, dans le contexte des médias sociaux, au développement des habiletés d'écriture ?

Bien évidemment, Twitter ouvre de nouveaux horizons dans la pédagogie textuelle : écriture collaborative, devoirs brefs, explorations stylistiques de figures de rhétorique, correspondances brèves, devoirs à réaliser sur son téléphone intelligent, Twitter ne fait pas que tirer parti des outils les plus performants de communication : il introduit de la mobilité et de l'interactivité dans l'espace pédagogique. La classe perd ses repères physiques et s'ouvre au nomadisme des apprentissages et l'élève s'inscrit dans la permanence des compétences en développement continu. Mieux, elle éveille les élèves à la pratique de l'effort quotidien en écriture. Et c'est ça l'enjeu pédagogique de Twitter : progression, motivation, réinvestissement, collaboration et réussite : des mots et des pratiques qui définissent le nouvel horizon des apprentissages de l'écriture à l'ère des médias sociaux. Pour en débattre lors de la deuxième table ronde : des professeurs, des pédagogues, des didacticiens, des élèves...

Pourquoi je tweeteLa troisième table ronde réunit uniquement des twittérateurs mais sur un mode plus loquace cette fois. Fini la limite de 140 caractères : les paroles défileront ici à tombeau ouvert débitées sur le mode de l'urgence de dire pourquoi je tweete. Les twittérateurs vous parlent de leur passion : ils vous déballent les motivations secrètes de leur travail, vous donnent des clefs de lecture de leur oeuvre, révèlent les prises d'un artisanat du style. Car, dans leur esprit, la twittérature est un art qui mérite d'être approfondi dans tous les aspects de l'entreprise esthétique : stratégies d'énonciation, enjeux, métier, visées, style, conception de la nanolittérature, enjeux sociaux, pratiques poétiques vs. pratiques discursives, poétique du bref, théâtralité du minuscule... Des twittérateurs en chair et en os viendront en débattre lors de la troisième table ronde. Êtes-vous de ceux-là ?




http://bibliobs.nouvelobs.com/web-side-stories/20121018.OBS6250/la-twitterature-a-son-festival-et-ses-tweets-d-or.html







La twittérature a son festival... et ses tweets d'or


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On ne rigole pas: l'Institut de twittérature comparée de Bordeaux-Québec organisait, ce mardi, le 1er Festival international de twittérature.





La page d'accueil de Twitter (JAUBERT/SIPA)
La page d'accueil de Twitter (JAUBERT/SIPA)

La twittérature gagne du terrain. Rappelez-vous, en 2010, on vous avait déjà touché deux mots de la chose, née à Chicago, où des étudiants avaient entrepris de résumer en 140 signes les chefs-d’œuvre de la littérature. Tout ça pour surfer sur le succès grandissant du site web qui limite votre pensée à quelques mots: Twitter.
Depuis c’est devenu du sérieux. Ce 16 octobre, la ville de Québec, au Canada, a ainsi accueilli le 1er Festival international de twittérature: le 140MAX. Organisé par l’Institut de twittérature comparée de Bordeaux-Québec (véridique), il a consisté en une série de tables rondes où les intervenants ne sont pas limités à 140 signes. Dommage? Il faut dire que les thèmes abordés étaient extraordinairement savants: «la théorie du gazouillis»«la pédagogie du gazouillis» ou encore «le volet artistique et littéraire de la twittérature».
Outre ces grandes discussions, un concours a surtout été ouvert aux écoliers de plus de cinq pays, dont la France. Il s'agissait de décrocher «le tweet d’or». L’équivalent du Prix Nobel dans le milieu. Mais, chut, on ne peut pas dire du mal des enfants. 

Extension du domaine de la twittérature

Il est plus étonnant de constater que le tweet est une affaire d’Etat au Québec. En effet, il est perçu comme un moyen de remettre les élèves sur les rails de l’écriture et de la littérature. Si bien que l’un des organisateurs du festival, Jean-Yves Fréchette, a raconté à nos confrères du journal «La Presse»son expérience éducative:
J’ai participé, l’an dernier, à projet du Ministère de l’Education pour créer un logiciel qui intègre la twittérature dans les classes du primaire, du secondaire, et du collégial. C’est un médium qui plaît aux jeunes. Imaginez, les profs leurs disent qu’ils peuvent amener leur iPod en classe.»
Toujours lui, qui se présente comme l’un des précurseurs de la twittérature québécoise, a même tapé dans l’œil du Ministre de l’Education Nationale:
C’était il y a deux jours. Il était minuit moins quart, j’étais sur le point de me coucher. Je vois que Pierre Duchesne me retweete, le nouveau ministre. Merde, je parle à Pierre Duchesne!»
Et qu’a donc relayé, ce nouveau ministre? «L’intelligence transversale du métal ne pénètre jamais au cœur des synapses. L’équation du romantisme demeure nébuleuse pour les automates.» Signé Fréchette, le Maurice G. Dantec de Twitter.

Les tweets d'or tant attendus

Mais oublions un peu cette littérature futuriste. Et rendons plutôt grâce aux lauréats du «le tweet d’or», d'autant qu'il y a parmi eux des Français. Cocorico. 
Dans la catégorie des 5-7 ans, donc:
Le futur, c’est comme un beau cadeau sous le sapin de Noël. C’est un peu comme une surprise car on ne sait pas ce qui va arriver.»
Pour les primaires, c’est un petit Parisien qui a fait mouche:
Demain, la Terre deviendra carrée et si quelqu’un s’aventure sur les angles droits, il deviendra lui aussi un cube.»
Et enfin, la crème de la crème, le meilleur d’entre tous:

L’ordinateur, la tablette, le téléphone mobile, le MP3, les réseaux sociaux. Le futur, c’est une série de mises à jour en continu.»



http://blogueartv.ca/2012/10/festival-international-twitterature-table-rondes-2012/


Tables rondes du 1er Festival international de twittérature de Québec





Tel que promis, voici les captations des très intéressantes tables rondes du premier Festival international de twittérature 140 MAX, animées par le sympathique Matthieu Dugal, qui se sont déroulées le 16 octobre dernier à Québec. En tant que diffuseur officiel de l’événement, ARTV a eu la chance de retransmettre les échanges en direct sur le web via sa plateforme de diffusion Facebook ARTVprivilège.



Voici les discussions au menu organisées par l’Institut de twittérature comparée à la Bibliothèque Gabrielle-Roy dans le cadre du Festival littéraire thématique Québec en toutes lettres.

AU PROGRAMME

« Mot de bienvenue » de Jean-Yves Fréchette (@pierrepaulpleau).
« Autour de la twittérature » avec le journaliste du Devoir Fabien Deglise,  le professeur et chercheur à l’Université de Montréal Patrick Drouin, l’éditeur Gilles Pellerin et l’écrivain, professeur et twittérateur Marc Rochette.

« Twittérature et pédagogie » avec Marie Champagne, enseignante au secondaire, Annie Côté, enseignante au primaire, Annie Côté, enseignante au secondaire et conceptrice du logiciel Twittexte et Nathalie Couzon, twittérateure et enseignante au secondaire.

« Pourquoi je tweete ? » avec les twittérateurs @multimot@machinaecrire,@simonpaquet@pierrepaulpleau et @white_hector.
EN BONUS, la vidéo de @ZeoZigzags : Fi lou file où.

Le concours d’écriture sur Twitter organisé pour cette occasion a couronné Éric Dumais, le rédacteur en chef du magazine Bible urbaine.

#TWITTÉRATURE

Twitter flirte allègrement avec la littérature ces jours-ci. Voici quelques initiatives dignes de mention à ce chapitre.
#twitterfiction Sylvain Carle nous a fait suivre ce billet sur l’événement Twitter Fiction Festival, un rassemblement virtuel dédié à l’expérimentation de nouvelles écritures mettant en vedette les incursions littéraires d’auteurs de fiction en provenance des quatre coins de la twittosphère.
#ZEsphere : défi Twitter littéraire organisé à chaque mois par la Zone d’écriture de Radio-Canada et La Sphère.
#140novel : concours de fiction  littéraire en 140 caractères. Organisé par The Guardian, l’initiative invitait 21 auteurs, dont Ian Rankin, Helen Fielding, Jeffrey Archer et Jilly Cooper, à raconter une brève histoire par l’entremise de tweets.
#djxxx : Plus près de nous, mentionnons la pièce Dom Juan_uncensored, à l’affiche à La Chapelle jusqu’au 10 novembre (en supplémentaires aussi en décembre), qui se veut une déconstruction du Dom Juan de Molière, où le personnage principal et le public sont invités à critiquer le mythe en direct sur Twitter…

#TwittérateursQC: La Zone d’écriture de Radio-Canada vous suggère ces textes d’écrivains traitant de la littérature en 140 caractères.





http://www.lacite.info/quand-les-gazouillis-deviennent-litterature/


PREMIER FESTIVAL INTERNATIONAL
Quand le réseau n’était encore qu’à ses balbutiements, Thierry Crouzet (@Crouzet) fut parmi les premiers à commettre des tweets littéraires. Entre décembre 2008 et avril 2010, il publia carrément untwiller (un thriller sur Twitter) intitulé Croisades et composé de 5200 tweets.
Jean-Michel Le Blanc, journaliste localier à Bordeaux, appartient lui aussi à cette communauté virtuelle mais bien réelle de twittérateurs. Depuis bientôt trois ans, sous le pseudonyme @Centquarante, il poste au moins un tweet littéraire par jour. Exemple: «La poésie était toute sa vie. Tout devait rimer, selon son avis. Elle l’invita ingénue à une soirée-champagne, il s’y pointa nu, sans pagne.» (3 février)
Non content d’évoluer dans la contrainte, déjà ô combien difficile, de faire tenir une micro histoire en quelques mots, Jean-Michel Leblanc pousse le vice jusqu’à s’imposer de rédiger ses tweets en 140 caractères tout rond, ni plus, ni moins. Le tweet parfait en somme. Dans le langage twitter, on appelle ça un twoosh. L’équivalent du strike au bowling…
C’est en tombant sur les twoosh de Jean-Michel Leblanc, que, de l’autre côté de l’Atlantique, Jean-Yves Fréchette, enseignant au Québec et twittérateur notoire, eut l’idée de créer un organisme capable de promouvoir et de fédérer toutes ces initiatives éparpillées dans le maelstrom cybernétique.
«Découvrir Leblanc, ça a été comme m’apercevoir qu’un phare twittéraire s’était allumé à Bordeaux, raconte Jean-Yves Fréchette, alias @pierrepaulpleau. Et comme Québec et Bordeaux sont des villes jumelées, je me suis dit qu’il fallait absolument organiser un événement de twittérature comparée.»
Les deux hommes entrent en contact et cofondent, en août 2010, l’Institut de twittérature comparée (ITC). Dotée d’un manifeste et de deux antennes, à Québec et à Bordeaux, l’ITC organise son premier festival international de twittérature le 16 octobre 2012, pour fêter les 50 ans du jumelage entre les deux villes.
S’inscrivant dans l’héritage de l’Oulipo (Ouvroir de Littérature pontentielle) dont les membres se définissaient eux-mêmes comme des «rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont ils se proposent de sortir», l’ITC assume le caractère ludique de son entreprise. «On ne se prend pas au sérieux, explique Jean-Michel Le Blanc, ce qui nous plait c’est de jouer avec la contrainte.»
Car avant d’être un courant littéraire ou même un mouvement, la twittérature est d’abord un exercice de style. Tout comme l’était au départ le projet d’Alexander Aciman et d’Emmett Rensin, ces deux étudiants de Chicago qui passent pour être les inventeurs du terme twittérature.
Leur livre, Les chefs-d’œuvre de la littérature revue par la génération Twitter ou 70 chefs-d’œuvre de la littérature mondiale résumés en 140 caractères, sorti en 2009 aux états-Unis, s’est vendu comme des petits pains. Paradoxe: il ne s’agit pas de twittérature au sens propre puisque les textes n’ont jamais été postés sur le réseau social. Mais l’esprit y est.
GENEALOGIE PRESTIGIEUSE
Le fait de s’imposer un cadre «pour faire surgir un imaginaire que l’on n’aurait pas pu libérer autrement», comme le rappelle Jean-Yves Fréchette, existe depuis que la littérature existe. Que sont les haïkus sinon de courts fragments littéraires qui se suffisent à eux-mêmes?
Outre la poésie japonaise, les expériences littéraires de l’Oulipo et même les cadavres exquis des surréalistes, la tradition du roman-feuilleton au XIXe siècle est clairement revendiquée par les twittérateurs. On pense à Félix Fénéon et ses Nouvelles en trois lignes publiées à partir de 1905 dans le journal Le Matin: «Elle tomba, il plongea. Disparus.» (1906)
Archétype de l’esthétique du bref, le mouvement de la Very very short story dont Ernest Hemingway serait l’instigateur entre aussi dans cette généalogie prestigieuse. Dans les années 1920, l’écrivain américain aurait été l’auteur d’une micro-nouvelle de six mots, For sale: baby shoes, never sworn.
Pour l’écrivain Stéphane Bataillon, twittératurophile * averti, cette nouvelle littérature accompagne en tout cas «le mouvement de retour actuel des formes brèves en littérature, dans le sillon d’auteurs comme Eric Chevillard et son autofictif, ou de manifestation comme le Prix Pépin». Depuis 2005, le prix Pépin récompense une nouvelle de science-fiction de 300 signes.
En 2012, c’est un certain Ludovic Recourchines qui l’emporta avec ces trois phrases: «L’ambassadeur de Mars 3 avait bien étudié les coutumes politiques terriennes. Il promit donc de ne pas entrer en guerre avant deux cent ans, quoi qu’il arrive. Bien conscient que cela ne l’engageait en rien.»
Depuis plusieurs années, les tentatives de faire émerger de nouveaux objets littéraires sur twitter se multiplient. En France, Laurent Zavack, auteur du premier roman publié sur le réseau social, Kamuks(2009), s’est essayé à la twittérature érotique avec On l’appelait Sodomy, un roman composé uniquement de SMS échangés entre les deux personnages du récit.
Dans le domaine de la poésie, Jean-Michel Leblanc a mis au point une nouvelle forme, le «twittérain»: 14 tweets de 140 caractères. Des combats fraternels de tweets, à la manière des duels de tchatche des Fabulous Trobadors s’improvisent sur la Toile.
L’édition se formalise également. En France, la maison d’édition Twitteroman, créée par Zavack, édite et promeut tous les auteurs qui utilisent Twitter pour faire de la littérature — qu’il s’agisse de romans, de poésie, de nouvelles ou de journaux intimes. Si le phénomène est en perpétuelle évolution, il reste toutefois relativement marginal.
Combien de twittérateurs sur les plus de 500 millions d’utilisateurs que compte Twitter? Difficile à évaluer. Peut être entre cent ou trois cents dans l’aire francophone. Quant aux auteurs de twoosh, selon Jean-Michel Le Blanc, ils se comptent sur les doigts de la main.
Et combien de lecteurs de twittérature dans le monde? Là aussi difficile de le savoir précisément. Des auteurs comme Fréchette ou Leblanc drainent respectivement jusqu’à 1800 et 2600 abonnés. Mais en moyenne, les twittérateurs ont rarement plus de 500 abonnés.
Effet de mode ou tendance de fond, là n’est pas la question. Et pour Jean-Michel Fréchette, il ne fait aucun doute que la twittérature a de beaux jours devant elle. «En 1918, on aurait été devin de penser que le groupe d’hurluberlus réunis autour de Tristan Tzara allaient être à l’origine du bouleversement de la peinture moderne», s’enflamme-t-il.
Certes Twitter n’est pas le dadaïsme, mais on peut légitimement penser que dans une société occidentale qui privilégie toujours plus la concision, la rapidité et l’instantanéité, toute forme de micro-littérature séduit même si elle ne remplacera jamais la littérature traditionnelle — elle n’y a pas vocation.
Signe des temps, Robert Silvers, le célèbre rédacteur en chef de la New York Review of Books a récemment apporté une reconnaissance inespérée à ce genre tenu pour mineur. «Twitter, c’est 140 caractères. Ça limite les possibilités même si cela peut aussi susciter des aphorismes inattendus», a-t-il dit dans une interview accordée au Monde des Livres, le 7 février 2013. En quelques mots, les potentialités de la twittérature résumées par le gardien du bon goût et de la grande littérature. Que rêver de mieux?
* mot forgé par l’auteure de l’article.








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